Le droit, entendu comme l’ensemble des règles qui organisent la vie dans une société donnée (sens objectif) et reconnaissent des prérogatives aux membres de ladite société (portée subjective), est incapable de lutter efficacement contre la pauvreté. En effet, le droit semble être désarmé face à ce fait, voire fléau, social au point qu’il lui affiche des attitudes parfois contradictoires se cristallisant par une catégorisation juridique mouvant. Heureusement qu’il ne se résigne pas : il réinvente perpétuellement des « stratagèmes » tendant à établir une égalité artificielle entre les membres de la communauté et protéger les plus faibles ou les plus vulnérables d’entre eux. La justice est l’un des secteurs sociaux où se manifestent particulièrement les interactions entre « droit » et « pauvreté ». S’il s’avère que la pauvreté peut constituer un frein à l’accès à la justice, la restriction du droit d’accès à la justice renforce ou conduit (à) la pauvreté. Cette contribution se fonde sur une approche historio-épistémo-comparative : elle a d’abord utilisé la méthode exégétique pour rechercher la portée et le fondement de l’encadrement juridique de la pauvreté et de son implication sur l’accessibilité à la justice, avant de recourir à la méthode comparative et historique en vue de dégager l’origine des solutions proposées par le droit congolais sur la question vis-à-vis des systèmes belge et français avec qui il entretient des liens sociologiques étroits. L’étude démontre, de ce fait, la difficulté qu’éprouvent les pays en voie de développement, particulièrement la République démocratique du Congo, pour relever ce défi, aussi bien dans le domaine de la justice pour adultes que celui de la justice des mineurs où le problème se pose avec plus acuité, surtout sous un autre angle
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